Définir la mode éthique est une question délicate : lorsqu’on se penche sur le sujet, ce sont des morceaux de définitions qui finissent par lui donner un certain contour.
Il s’agit avant tout de mode, l’aspect « éthique » venant se juxtaposer au mot « mode » sans le desservir : tout au contraire car il lui ajoute du sens.
La mode éthique désigne l’activité de toute entreprise de l’habillement : vêtements, chaussures, lingerie, accessoires, sacs et bijoux… Par extension, c’est aussi le linge de maison et la décoration. Ces activités intègrent dans leur processus de fabrication tout ou partie de la dimension socio-économique et la dimension environnementale.
La dimension socio-économique se base sur le respect des droits des travailleurs, l’interdiction du travail des enfants et l’application d’une charte minimum de droit social. A cela s’ajoutent la garantie des meilleures conditions commerciales aux petits producteurs, une rémunération juste aux travailleurs et la mise en place de projets sociaux.
L’aspect social englobe aussi la donnée culturelle avec la pérennisation des différentes cultures, des traditions, de l’artisanat et des savoir-faire locaux – l’aspect ethnique de la mode.
Dans le domaine environnemental, c’est la diminution de l’empreinte écologique dans la production. Les créateurs utilisent des matières écologiques, biologiques ou recyclées dans des processus moins consommateurs d’eau et d’énergie, mais aussi de transports.
Petit tour d’horizon des matières écologiques :
- la fibre de bambou : une culture très sobre en eau, traitée selon des procédés naturels comme la vapeur ou l’ébullition, à ne pas confondre avec la viscose de bambou dont la fabrication très polluante.
- le chanvre : la fibre écologique par excellence. Sa culture nécessite peu d’eau, elle est naturellement résistante aux insectes et n’a pas besoin de pesticides, de plus elle enrichit la terre.

- le coton biologique : cultivé sans engrais chimiques (le coton conventionnel a un impact sur l’environnement désastreux, par sa consommation en eau, mais surtout à cause de l’usage massif de pesticides).
- les fibres dites techno-naturelles : l’écologie est aussi source d’innovation dans le secteur de la R&D. Il s’agit de soja, de maïs, d’algues… S’il s’agit bien d’une démarche écologique puisqu’elle est issue de matières premières renouvelables, de fibres ou, mieux, de déchets ou résidus, il n’en reste pas moins que le processus de transformation utilise parfois de nombreux solvants pour en faire de la viscose. Ces matières possèdent de nombreuses vertus telles l’absorption de la transpiration, un toucher doux, la souplesse, l’apport en minéraux.
- la fibre de lait : à partir de protéines du lait, elle s’avère extrêmement agréable au toucher mais plutôt chère. Les vêtements fabriqués sont d’excellente qualité, ont des propriétés hydratantes et bougent très peu avec les lavages.
- la fibre de pin : étonnamment douce, pour des tee-shirts et des sous-vêtements.

Pour les fibres d’origine végétale, certains produits peuvent être éco-certifiés ou éco-socio-certifiés. Mais la foison des labels n’aide pas le consommateur à s’y retrouver. Puisqu’en l’absence de définition officielle, c’est à chacun de faire la démarche et de s’y intéresser.
La mode éthique, marché en pleine expansion, est plus accessible à tout un chacun aujourd’hui, pour peu que l’on se penche de plus près dans les rayons. Nombreuses marques ont contribué à sortir la mode éthique de cette image baba cool qui lui collait depuis trop longtemps. Et ce sont des marques de mode conventionnelles qui profitent également de cette manne. Alors récupération ou pas ? Nuançons le propos, car la mode (devenue) éthique est une avancée indéniable et capitale avec tant de répercutions, que nous ne pouvons plus en ignorer l’impact dans nos vies.


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